jeudi 6 mars 2008

Veronica polita fr.

La véronique luisante peut si l'on n'y prend garde aisément se confondre avec la très commune véronique de Perse (Veronica persica Poir.), elle s'en distingue surtout par ces fruits qui ne sont pas carénés comme V. persica mais ronds.
Les feuilles sont plus petites une peu plus épaisses et plus crénelées. Le vert du feuillage est également différent.Les fleurs ne sont pas sur les photos mais elles aident aussi à la détermination, leur teinte est plus soutenue et leur taille plus petite, et présentent un pédicelle plus court à un peu plus long que la bractée (vs. nettement plus long chez Veronica persica).

Elle pousse dans les terres un peu travaillées (jardins, culture) et aussi dans les vieux murs ensoleillés.

samedi 23 février 2008

Viola alba L.

La violette blanche est blanche comme son nom l'indique mais pas toujours.
La sous-espèce Viola alba ssp dehnhardtii que l'on trouve plus fréquemment au sud mais que l'on peut trouver en Isère, est bleue).

Elle est acaule, stolonifère et ses stipules sont plus fins que les autres espèces (2mm à la base)


Viola odorata L.

La violette odorante comme son nom l'indique dégage un agréable parfum de .... violette!

Elle fait aussi partie du groupe des violettes acaules et sépales obtus mais elle est très proche de Viola suavis (Viola s. a été longtemps confondue avec Viola o.).
Elle possède des stolons en général longs et fins et des nectaires trapus qui ne sont pas arrondis à l'extrémité.
Ses stipules sont bordées de courtes franges beaucoup moins longues Viola suavis.


Les fleurs chasmogames fleurissent en présence de feuilles estivales qui sont cordiformes.



les stipules sont largement lancéolées.

vendredi 22 février 2008

Viola hirta L.

La violette hérissée est une violette de même type que celle du post précédent (Viola suavis).
Elle fait partie du sous genre Viola, elle n'a pas de tige et a des sépales obtus.

Cependant celle-ci n'est pas stolonifère et n'a pas de parfum. Ses stipules sont largement lancéolées mais elles sont nettement moins frangées que Viola suavis.
L'éperon est de la même couleur que les pétales voire un peu plus foncé (contrairement à Viola suavis qui a l'éperon plus clair que la corolle), il n'est pas pointu mais arrondi à l'extrémité...

Un critère important pour différencier V. hirta c'est qu'au printemps elle produit des fleurs uniquement en présence de jeunes feuilles (les feuilles estivales de la saison passée sont détruites en hiver). Les jeunes feuilles se reconnaissent car elles sont bien vertes et pas abimées.
Ce n'est pas le cas de Viola odorata.

dimanche 10 février 2008

Viola suavis M. Bieb

Voilà, qu'après l'hiver (qui se raccourcit de plus en plus), la nature refait surface.
Se chauffant des premiers rayons de soleil du mois de févier une petite violette pointe sa corolle bleu pâle entre les pierres d'un vieux mur.


Elle fait partie du groupe des violettes (sous-genre Viola) qui se caractérisent par des stipules non palmatiséquées ou pennatiséquées (comme le sous-genre Melanium = Pensées), mais au maximum frangées.
Ce sous-genre présente des fleurs d'abord chasmogames bien visibles et peu fertiles en début de saison puis des fleurs cléistogames beaucoup moins visibles dont la floraison dure beaucoup plus longtemps.


En ce qui concerne notre espèce, elle n'a pas de tige et a des sépales obtus. Elle possède des stipules largement lancéolées dont les franges sont fréquemment supérieures à 1 mm, ainsi que des rameaux stoloniformes en général courts et épais.

La violette suave a un léger parfum plus subtil que la violette odorante, elle est aussi moins prononcée dans ses couleurs. La violette odorante tire sur le violet foncé alors que Viola suavis est bleue.



Le pétale inférieur est veinée de violet foncé (mais pas toujours) les nervures sont peu nombreuses et peu ramifiées.

On voit bien l'éperon qui est souvent en cornet sans que se soit un critère sûr.


Une stipule frangée avec des franges supérieures à 1 mm. Elle est plus frangée que Viola hirta et que Viola odorata.


La détermination des violettes est délicate (je trouve) il faut observer les stipules attentivement et bien souvent observer la fleur en détails (nectaires).

samedi 19 janvier 2008

Les fougères.

J'ai déjà présenté quelques espèces de fougères (Cystopteris, Botrychium de loin mon préféré) mais il y en a beaucoup d'autres et l'Isère avec 58 espèces est un département parmi les plus riches.

Les fougères sont plus évoluées que les mousses parce qu'elles possèdent des vaisseaux conducteurs de sève.
Elles n'ont cependant pas acquis autant d'indépendance vis à vis de l'eau que les plantes à fleurs.
Elles ont impérativement besoin d'eau pour une phase de leur reproduction, lorsque les anthérozoides nagent à la surface du prothalle pour rejoindre les archégones.

Les plantes à fleurs quant à elles même si elles ont des besoins variés en eau pour leur croissance, peuvent se passer complètement d'eau pour la reproduction.

Beaucoup de fougères se rencontrent donc dans des milieux où l'humidité est grande (forêts, ravins, rochers suintants...) mais certaines ont réussi à limiter leurs besoins en eau en dehors de la reproduction (bon nombre de fougères poussent dans des anfractuosités de rochers, d'autres supportent même la dessiccation comme le Ceterach officinarum).


Voici quelques photos de fougères fréquentes dans le département :

Dryopteris villarsii
caractéristique des fentes de lapiaz des rochers calcaires en montagne

Dryopteris affinis (ssp borreri)

Plante très proche de D. filix-mas, il s'en distingue (entre autre) par les taches noires à l'attache des pennes sur le rachis.

Asplenium adiantum-nigrum
plante à feuilles luisantes se développant surtout sur substrat acide


Asplenium fontanum

Beaucoup de fougères se ressemblent énormément au premier abord. L'observation des bons caractères et un peu d'habitude permet la plupart du temps d'en venir à bout.

Comme le dit Rémy Prelli, avec une telle délicatesse comment leur pardonner de ne pas fleurir...


vendredi 7 décembre 2007

Juncus jacquini L.

Les joncs ne sont pas très appèciés, pas de belles fleurs bien voyantes qui attirent les insectes. Du vert beaucoup de vert parmi les herbes.

Mais quand on les regarde de plus près, certains acceptent de se montrer sous un jour nouveau...

Le jonc de Jacquin ouvrent ses tépales brun noiratres et libère un magnifique stigmate plumeux spiralé entouré de sa cour d'étamines jaune soufre. Le tout doit faire à peine plus de 1 cm.
Sur la photo une seule fleur est représentée mais elle poussent en une inflorescense globuleuse d'une dizaine de fleurs.

Il pousse en altitude dans les pelouses acides et humides de l'étage subalpin à alpin.

A découvrir au mois de juillet août, il faudra patienter encore un peu.


vendredi 16 novembre 2007

Un petit jeu...

Durant cet hiver, j'essaierai de mettre en ligne quelques photos prises au cours de la saison, histoire de ne pas laisser le blog hiberner...

Voici la première photo que j'ai prise la saison passée, elle date du début du mois de mars.

Je ne vais pas pour une fois indiquer le nom de l'espèce qui est TRÈS connue mais dont les fleurs minuscules et minimalistes (au moins pour l'un des deux sexes) passent inaperçues.
Ne cherchez pas une plante dont la taille est en rapport avec celle de la fleur.

La couleur n'est pas modifiée sous photoshop, il y a juste un p'tit coup de flash sur "les cheveux rouges".


En cliquant sur la photo, elle s'agrandit et l'on peut voir en jaune quelques grains de pollen piégés par les stigmates rouges de la fleur femelle.

A vous de jouer !

(Laisser vos réponses dans les commentaires.)

dimanche 11 novembre 2007

en attendant le printemps...

une petite photo de fruit de pissenlit en gros plan. Un vrai feu d'artifice...



la netteté sur les akènes et sur les aigrettes .


Il n'y a pas que les botanistes qui attendent le printemps, les fruits du pissenlit aux aussi...

lundi 8 octobre 2007

Paspalum dilatatum Poir.

En fin de saison, les invasives prennent leurs aises. En voici une parmi d'autres, une poacée particulièrement jolie je trouve avec ses stigmates pourpres qui ressortent des glumes nervurées. Les épis sont marqués à la base par une touffe de poils assez longs qui est bien caractéristique. C'est une plante haute de 20 à 50 cm.

C'est une plante que l'on trouve plus fréquemment dans le sud mais qui remonte de plus en plus vers le nord.
Vue dans l'aglomération Grenobloise en ce mois d'octobre.



mardi 18 septembre 2007

Aster amellus L.

L'aster amelle ou la marguerite de la saint Michel est un aster de l'étage collinéen sur sol calcaire dans des forêts (chenaies, pinèdes), pelouses sèches ou franges forestières à géranium sanguin.
Sa floraison est très tardive (de fin août à octobre).

Aucun risque de confusion avec une autre fleur.
Le milieu, les feuilless poilues sur les deux faces, les bractées obtuses de l'involucre et le faible nombre de fleurs par pieds le différencie au premier coup d'oeil des asters américains (groupe d'Aster novi-belgii L.)

C'est une plante protégée au niveau national que l'on trouve sur seulement quelques communes en Isère.



mercredi 12 septembre 2007

Heliotropium europeum L.

L'Héliotrope est une boraginacée qui pousse souvent à proximité des activités humaines, friches, bords de routes etc...

Elle est haute d'environ 60-80 cm avec des cymes scorpioides composées de fleurs blanches, qui défleurissent en commençant par leur partie la plus proche de l'axe (tige), on la croise souvent avec seulement le bout des cymes en fleur le reste étant composé de fruits entourés de sépales velus.



dimanche 9 septembre 2007

Eragrostis

Voilà un genre qui ne se laisse pas aborder facilement.

Les quelques taxons indigènes de notre flore ont été rejoint par leurs lointaines cousines venues des quatre coins du monde tropical et subtropical, depuis le développement des échanges industriels ou lors du commerce de graines.
On le voit, les plantes n'ont pas attendu le XXIème siècle pour entamer leur mondialisation...

Parmi les produits importés, la laine et les peaux étaient lavées dans les cours d'eau de notre territoire, lequels emportaient les graines d'Eragrostis, les disséminant le long de leurs berges. Quelques espèces sont parvenues à se développer de façons plus ou moins fugace, d'autres avec plus de succès.

Du point de vue morphologique les Eragrostis sont très proches des Poa (avec lequel, les plus anciennement décrit étaient classés), mais ils présentent une ligule ciliée et un nombre plus important de fleurs par épillet ( jusqu'à 50 pour certaines espèces).

Bref des herbes qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau mélangées à d'autres venues du bout du monde qui leur ressemblent tout autant, ça sent l'erreur de détermination à des kilomètres...


En voilà un plus classique que l'on trouve partout le long des routes dès le mois de juillet : Eragrostis minor Host
Juste pour ce faire une idée...

Misopates orontium (L.) Rafin.

Misopates orontium est une espèce proche des mufliers (Antirrhinum) mais qui est annuelle, dont le nom commun est d'ailleurs le muflier rubicond.
La fleur sans éperon marque la différence avec le genre Chaenorrhinum.

C'est une plante des lieux sableux et des arènes granitiques que l'on peut trouver aussi dans les friches et les vignes.
C'est une thermophile, acidiphile mais on peut la trouver sur calcaire.
Elle est assez rare et disseminée dans le département.

La corolle rose vif veinée de rose plus soutenu et les lobes linéaires du calice permettent une identification aisée.
Les fleurs font environ un petit centimètre. Les deux dernières photos montrent le fruit assez particulier du Misopates qui lui ont valu son autre nom : la tête de mort (la ressemblance n'est pas frappante). Il faut attendre la maturation complète du fruit lorsque les deux boursouflures se percent pour libérer les graines, seulement alors on peut y voir une similitude avec un crane.

Elles sont en fleurs actuellement, ouvrez l'oeil...








dimanche 2 septembre 2007

Il les a vues : les envahissantes...

En ce mois de septembre nos plantes "bien de chez nous" font un peu de place contraintes et forcées pour quelques voisines importées ou invitées, qui ont élues domicile le long des routes ou dans les champs.

Ne vous fiez pas à leur air inoffensif, certaines sont de vraies pestes pour leurs congénaires voire même, pour nous.

Voici les accusées :

Abutilon teophrasti Medik :

Je le vois de plus en plus hors des champs de maïs qu'il affectionne : à surveiller.
C'est une plante souvent absente des flores (flora alpina , le Binz) alors qu'elle est vraiment présente.

Dans la flore Lyonnaise de Netien l'espèce est indiquée pour la première fois en 1937.
L'Atlas de la Drôme donne une première observation en 1884 à Bourg-de-Péage (Chatenier).

A chaque fois l'espèce est décrite comme une adventice à éclipse, ce qui ne semble plus être le cas, vu le nombre de pieds et le maintien de ce taxon d'une année sur l'autre (tout du moins dans la vallée du Grésivaudan).



Solidago canadensis L.

Une invasive venue d'amérique du Nord. On peut la confondre facilement avec S. gigantea Aiton qui est glabre sur la tige et qui n'a pas le dessous des feuilles velues.





Eleusine indica (L.) Gaertn.

Cette graminée d'origine tropicale et subtropicale remonte vers le nord et se maintient profitant des hivers chauds et cléments. Elle est de plus en plus présente (bords de routes, entre les pavés).
C'est n'est pas à proprement parler un taxon qui concurrence nos espèces locales mais le réchauffement climatique pourrait profiter à cette espèce potentiellement invasive.



Sorghum halepense (L.) Pers.
Le sorgho d'alep est une grande graminée de même taille que le maïs avec lequel elle pousse parfois. Elle se reconnait facilement à la couleur rougeatre de ses épillets ainsi que par ses feuilles bien vertes, larges comportant une nervure principale blanche très marquée.




La pire, la fameuse Ambrosia artemisiifolia L. qui envahit le département en suivant les voies de communication (autoroute Lyon -Grenoble-Chambery entre autres).

Elle est très allergène lors de la libération de son pollen. Elle concurrence certaines plantes des prairies sèches.
N'hésitez pas à l'arracher si vous en voyez.
Malgré son inflorescence particulière c'est une plante de la famille des astéracées (paquerette, marguerite).



Impatiens balfouri Hook.f
Plante originaire d'Asie, elle naturalisée après s'être échappée des jardins.
Elle peut-être confondue avec l'impatience de l'Himalaya (Impatiens glandulifera Royle) qui est beaucoup plus grande et qui contrairement à l'Impatiens de Balfour, a un éperon très court.





Toutes ses plantes ne sont pas indigènes chez nous elles ont été importées soit pour des raisons horticoles, soit introduites avec des semences comme le maïs, soit arrivées naturellement sur notre territoire par élargissement de leur aire d'origine.

Dans de nombreux cas (ce ne sont là que quelques exemples) elles entrent en concurrence avec les espèces locales et peuvent même complètement fermer les milieux, ne leur laissant plus aucune place (comme le Buddleja de David dans les ripisylves).